Le 27 juin 1992, Gnawa Diffusion fait ses premiers pas sur scène, en première partie de la Féderation française de funk (FFF). Quelques semaines plus tard, la bande de Grenoblois se fait embaucher sur le démontage des JO de Barcelone. “La plupart d'entre nous étaient chômeurs. Après le chantier, ils-ont continué à jouer dans la rue, à Barcelone, un peu à la sauvage, dans les bars...”. Des débuts classiques, mais le groupe va bientôt se forger une solide réputation scénique. “Il n'y avait pas encore de guembri ni de krakeb, juste du banjo à l'époque, de la guitare, des claviers... Il y avait même un Allemand à la trompette. C'était franchement le bordel”. Dans la foulée sort Légitime Différence, un premier maxi de cinq titres. Réaction à ne plus être chez soi ? “Non, corrige le chanteur. C'était simplement être soi. C'est à l'étranger que je me sens le plus algérien, l'exil te ramène à toi-même”.
C'est sur ce fond de déracinement que va prendre la pousse Gnawa diffusion, un groupe melting-pot. “Ils sont les enfants métis du Maghreb noir, berbère et arabophone, de la Jamaïque rebelle et des quartiers ouvriers occidentaux”, écrit à leur sujet Véronique Mortaigne du Monde.
Illustration : né à Skikda en Algérie, Salah Meguiba rejoint le groupe en 1997 après divers groupes de raï. Mohamed Abdennour s'est fait connaître à Alger aux côtés du chanteur chaâbi Amer Ezzahi, avant de monter à Paris en 1994, d'enregistrer entre autres avec Idir et d'intégrer Gnawa Diffusion en 1999. Omar Chaoui, à la derbouka, a grandi à Montreuil en région parisienne et a intégré le groupe en 2002. Abdelaziz Maysour, aux krakebs et guembri, est, quant à lui, un fils de la médina de Marrakech. Elevé dans une famille gnaouie, il rencontra au cours de son apprentissage les maâlems Hmida Boussou ou Mahmoud Guinéa. Aux côtés du chanteur, seul le guitariste Pierre Feugier, diplômé de la 'Groove School of Music' américaine, aura suivi le groupe des débuts à la fin. Pierre et Philippe Bonnet l'avaient intégré en 2001, après un premier split qui a laissé des traces : “Au final, je suis très content d'arrêter cette histoire à un moment où on est dans la construction et non pas dans le déchirement, s'explique Amazigh Kateb. Je n'avais pas envie de revivre le split de 2001”. Sa mère, Zebeïda Chergui, qui veille sur la destinée du groupe et de son label indépendant, Djamaz, garde aujourd'hui un souvenir nostalgique des années folles du groupe. Pour elle, c'est presque sûr, ils reviendront, “parce que le public les demandera”.
Gnawa Diffusion
Amazigh kateb : Gumbri et chant
Pierre Feugier : Guitare et choeur
Mohamed Abdennour : Mandole et choeur
Philippe Bonnet : Batterie et choeur
Pierre Bonnet : Basse et choeur
Abdelaaziz Maysour : Gumbri et chant
Amar Chaoui : Percussions et choeur
Salah Meguiba : Clavier et choeur




